Raconte-moi une histoire, celle du tricot pour enfant

Historiquement, vêtir un nouveau-né devait simplement répondre à une fonction primaire : le prémunir du froid. Des peaux de bêtes utilisées durant la préhistoire jusqu’aux bandelettes en lin de l’Egypte Ancienne, de l’emmaillotage du Moyen Age jusqu’à l’apparition de la layette, les tenues de bébé se sont succédées sous différentes formes au fil des siècles. Rythmée par l’éducation, les progrès de la médecine, la prise de conscience hygiénique, comment la layette d’hier est-elle devenue celle d’aujourd’hui ?

Souvent inconfortable, parfois disgracieuse, la garde-robe de bébé a subi de multiples améliorations avant d’être la tenue confortable des tout-petits et l’objet de fantasme de toutes les mamans branchées, tour d’horizon du meilleur…comme du pire !

 

 

Les prémices de la layette

Apparus au 16 ème siècle, les travaux d’aiguille sont plutôt réservés aux femmes de la classe paysanne qui en font un passe-temps mais aussi un revenu d’appoint. Elles travaillent des matières chaudes comme la laine, pour confectionner des sous-vêtements, dont l’aspect pratique (et surtout dissimulé) prévaut sur l’apparence esthétique.

Bien qu’informes et mono teintes, l’évolution des culottes, chaussettes ou combinaisons tricotées pendant près de 3 siècles serviront de transition à la libération du bébé. Emmaillotés, jusqu’alors et prisonniers de plusieurs couches de langes, ils vont progressivement jouir d’une certaine liberté de mouvements à l’entrée dans le 19ème siècle.

 

histoire layette 16e siecle_TextileAddictPortrait de bébé, par Mary Beale, vers 1690-1730 – Victoria & Albert Museum, Londres // Brassière pour bébé en tricot de coton, XVIIIe siècle

 

 

19 ème siècle, le tricot change de statut social

C’est certainement le siècle où tout s’accélère, où les habitudes changent, où le tricot gagne ses lettres de noblesse. Jusqu’alors relégué à une occupation typiquement « paysanne », il fait son entrée dans les foyers de bonnes familles. Toute jeune fille bien éduquée, doit savoir maitriser l’art du tricot, et attester de son habileté à confectionner le trousseau de sa future progéniture.

Il faudra cependant attendre la deuxième moitié du siècle avant de pouvoir juger de l’aspect purement vestimentaire de la maille. Grâce aux progrès techniques (teinture, apparition du jersey, facilité d’entretien), elle va devenir plus populaire, passer de dessous à dessus, au su et au vu de tous. La garde-robe s’enrichit de nouveaux modèles avec des pièces emblématiques telles les brassières, gilets, chaussons ou bonnets. Le préambule aux bébés fashion d’aujourd’hui !

 

histoire layette brassiere bonnet moufle_TextileAddictEnsemble bonnet, brassière et manches amovibles en laine tricotée main pour bébé – Angleterre, entre 1800 et 1850 – Victoria & Albert Museum, Londres // Moufles en laine pour enfant, à motifs jacquard, rapiécées, XIXe siècle – Museum of Fine Arts, Boston

 

 

 

20 ème siècle, de la layette toute douillette !

Pionniers en la matière, les Anglais tricotent la layette à la main depuis déjà une vingtaine d’années. Les bébés, dès leur premiers pas, sont vêtus de robes en laine chaudes, confortables, qui favorisent la mobilité de leurs membres, mais la guerre et ses réalités économiques retarderont l’enrichissement des dressings français.

Ce n’est que dans les années 20 que la notion de mode fera une entrée fracassante dans la société avec un changement significatif des pratiques vestimentaires.

Jusqu’alors asexués, les vêtements des nourrissons cèdent la place à la différenciation, notamment grâce à la couleur. Exit les blancs monochromes, symbole de pureté, place à la layette tricotée colorée. C’est à cette période qu’apparaît le schéma analogique de la division des sexes ; les filles sont vêtues de rose, le bleu est dévolu aux garçons, avant que le jaune ne propose une alternative un peu plus neutre au milieu des années 30.

 

histoire layette_TextileAddictEnfants en habits tricotés, vers 1925 // Catalogue de tricot modèles layette, Bernat n°27 // Couverture de Mon Ouvrage n°218, 15 mars 1932

 

La pratique du sport, les congés payés ou les vacances en bord de mer, vont permettre la démocratisation des petites vestes, robes, bonnets, ou combinaisons. Le style sportswear, largement plébiscité car fonctionnel et confortable, marque une vraie différence du vestiaire fille et garçon. Le tricot s’adapte à ce nouveau lifestyle, tant dans les techniques textiles (apparition des rayures, du jacquard ou des torsades en reliefs) que dans la nature des pièces (pull, chandail ou robes).

 

histoire layette jacquard torsade_TextileAddictLes princes d’Angleterre Andrew et Edward, 1966 ©royalteurope // Petite fille en gilet tricoté, inspiré du style des îles d’Aran, 1942 ©Photos d’Enfances

 

Pendant la 2ème guerre mondiale, la tendance de l’upcycling est plus une attitude de survie qu’une tendance sociétale consciencieuse; débrouille et créativité sont de mise ; on détricote les pièces afin d’optimiser la matière, on rajoute aux nouvelles créations des détails plus aboutis comme des cols, des poignets ou des côtes.

La mode des années 50 invite chaque mère ou grand-mère au DIY ; la presse diffuse largement des publications où sont fournis des patrons à réaliser soi-même, le best-seller étant la brassière tricotée en point mousse ou point de riz. Mais c’est bien la déferlante de nouveaux stylistes, femmes mais avant tout mères, qui vont enrichir les looks dans les années 70/80. Agnès B ou Chantal Thomass, afin de répondre aux besoins de leurs propres enfants, vont décliner les mêmes recettes que celles appliquées lors de leurs créations adultes. De la couleur, du design, de l’originalité, du confort et du choix ! La mode enfantine ne cessera depuis de s’étoffer, pour devenir une industrie à part entière.

 

histoire layette annees 50_TextileAddictCatalogue de tricot, L’Officiel du Tricot n°25 // Couverture du magazine Elle n°15 du 27 février 1946 // Patron modèle de cardigan et de short, vers 1950-1955, Victoria & Albert Museum, Londres

 

 

21 ème siècle, des bébés lookés

Toujours avec une forte connotation de tricot, la layette désigne aujourd’hui plus largement la panoplie des bébés,et son choix est immense ! L’offre s’est affinée, les gammes sont courtes, les thèmes précis, les tricots à motifs colorés. Les petits n’ont rien à envier aux grands, ils peuvent pleinement assouvir leur envie de s’habiller comme papa ou maman : devenus des mini nous, ils empruntent les mêmes codes, suivent les même tendances que les adultes.

 

 

Layette abordable chez Kiabi, créations uniques dans l’univers du luxe (Chloé ou Bonpoint), qu’il s’agisse d’enseignes spécialisées (Okaidi, Orchestra ou Petit Bateau) ou de labels éco friendly (La Queue Du Chat ou Miboti), la mode enfantine inspire les créateurs.

Le temps où les contraintes stylistiques, physiques ou physiologiques étaient reléguées au second plan, semble presque irréel, tant les années 2000 sont désormais celles de « l’enfant roi ».

Alors quelle inspiration donnera ce thème de la layette aux créatifs du concours Textile Addict 2020 en partenariat avec le tricoteur La Manufacture de Layette ? Nous le découvrirons dès l’ouverture des votes du public, le 17 février !

 

Toutes les infos sur le concours avec La Manufacture de Layette

 

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